éditorial

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Date : 2014-11-05 16:55:32


Nouvellement élue en tant que libraire indépendante au Conseil d’administration du Centre régional du livre, j’entends, depuis ce point d’observation central, combien le contexte est flou pour l’ensemble de la filière livre… Les causes de ce manque de lisibilité diffèrent selon l’appartenance à tel ou tel secteur professionnel.


En effet, auteurs, bibliothécaires, éditeurs, imprimeurs, organisateurs de manifestations, libraires, sont chacun confrontés à des réalités bien spécifiques, réalités que l’étude sur la filière du livre bourguignonne a explicitées. Cette étude propose des axes d’actions à mener en synergie pour relever les défis majeurs que sont le numérique et la formation, ou encore l’animation d’une communauté, virtuelle ou non. Le but de ces acteurs : améliorer leurs liens de partenariats, renforcer les liens de proximité avec les lecteurs et toucher les publics éloignés de la lecture.

Le Centre régional du livre est lui aussi confronté à ce contexte incertain, puisqu’à compter du 1er janvier 2016, les régions Bourgogne et Franche-Comté fusionneraient. Des liens existent déjà, l’enjeu étant d’identifier nos compétences complémentaires pour anticiper au mieux une potentielle mutualisation.
Il est à souhaiter que les « trajectoires budgétaires » de la Région prennent en compte la nécessité d’une structure garante de la visibilité de la filière livre et de ses spécificités, quelle que soit sa géographie. Car si le périmètre régional est indécis, le contexte économique fragile, l’évolution des supports de création parfois mal connue, une chose est certaine : un socle commun nous unit, à savoir les contenus que nous livrent les auteurs, que ceux-ci soient en activité et que nous les rencontrions lors de manifestations littéraires par exemple, ou que nous les découvrions à travers la richesse patrimoniale des bibliothèques ou les fonds des librairies.
Ces créateurs semblent être les acteurs « aux contours les plus flous », ils sont pourtant la source de toute la filière : ce sont leurs écrits que nous aimons connaître et faire (re) connaître, sans altération. Depuis le modeste observatoire de ma librairie spécialisée jeunesse, je réponds tous les jours à cette demande de contenus de qualité et d’offre plurielle. Je perçois également le volontarisme frémissant du public, qui effectue ses achats dans notre librairie indépendante, et des élus, par l’octroi de marchés publics à nos commerces.
Grâce à l’étude récemment rendue, grand public, enseignants, bibliothécaires et élus seront d’autant plus éclairés pour agir concrètement et faire en sorte de maintenir cette offre sur le territoire.
Une vision de l’avenir ainsi plus optimiste, après, hélas, des fermetures successives de librairies. À n’en pas douter, ce nouvel élan est et doit être le fruit d’un engagement non seulement personnel, mais aussi et surtout d’un engagement collectif de la filière. Une vigilance à tenir et soutenir…

Maryline Colombet-Couturier,
directrice de la librairie Autrement Dit