dossier • L’animation dans le dispositif d’aides à la librairie du Centre national du livre

// dossier • L’animation dans le dispositif d’aides à la librairie du Centre national du livre

Date : 2015-03-25 10:13:26


L’animation dans le dispositif d’aides à la librairie du Centre national du livre

Entretien avec Thierry Auger, Adjoint au chef de département de la diffusion, chargé des aides aux librairies

Quels sont les objectifs du label LiR1 (Librairie indépendante de Référence) et de l’aide VAL (subvention pour la mise en valeur des fonds en librairie) ?


L’objectif initial du label était de justifier et définir un périmètre de librairies qui, au regard de la nature de leur assortiment et de dépenses de personnel plus importantes que dans les autres circuits du livre – gage de disponibilité et de conseil qualifié – pourraient obtenir prioritairement des exonérations de charges sociales et fiscales. Celle-ci a finalement porté sur la taxe professionnelle réformée en 2009, année de mise en place du label, qui implique que chacune des collectivités délibère séparément. Le label a immédiatement acquis une forte dimension de reconnaissance professionnelle.

L’aide VAL, opérationnelle dès l’automne 2008, permettait de répondre à trois objectifs : la mise en place d’une subvention d’exploitation souple mais non automatique au bénéfice de librairies effectuant un travail qualitatif, le doublement du budget alloué par le CNL à la librairie et la preuve faite aux collectivités, sollicitées à travers l’exonération, que l’État accompagnait ce dispositif. Enfin, même si c’est à la marge, le dispositif VAL reste par principe accessible à des librairies non labellisées.


En quoi la notion d’animation est-elle valorisée, soutenue dans ces dispositifs ? Au nom de quels enjeux dans le cadre d’une politique du livre ?

La politique d’animation est un critère déterminant dans l’attribution du label, statistiquement le plus discriminant. La commission concentre son avis sur ce paramètre en se référant aux critères prévalant dans le décret : la régularité et la qualité « au regard notamment de la diversité des actions et de l’importance des publics touchés ». Elle apprécie ces éléments nécessairement en fonction de la situation locale et du niveau d’activité de l’établissement.

Il a été considéré que la politique d’animation constituait un réel élément de différenciation, traduisant à la fois le dynamisme, l’ancrage culturel et commercial local d’une librairie. Les collectivités territoriales tiennent compte également de cette dimension lorsqu’elles décident l’exonération.

La place et la nature des animations dans le projet et le quotidien d’une librairie nécessitent une réflexion permanente, parfois des remises en question. Cette programmation plus ou moins diverse, cohérente, implique des compétences, des choix, des coûts. Cette dimension a dans certains cas pris une place disproportionnée par rapport aux fondamentaux du métier.

Contrairement à une idée reçue, qui tient à la mise en place quasi simultanée avec le label, dans le cadre de l’aide VAL, la politique d’animation constitue un élément d’appréciation second. Elle doit être surtout le reflet du positionnement et de l’activité de la librairie, de sa capacité à mettre en valeur un assortiment de qualité, à porter des choix, à accompagner des auteurs, des démarches éditoriales dans la durée. L’animation est prise en compte mais entendue comme prolongement, service additionnel, outil de fidélisation, renforçant la notoriété de la librairie et permettant de consolider son économie.

Les critères d’éligibilité relatifs à la politique d’animation sont-ils modifiés dans le cadre de la réforme de l’ensemble du dispositif en 2015 ?

Concernant le label, aucune évolution n’est prévue.En revanche, l’aide VAL a fait l’objet d’un repositionnement qui s’avérait nécessaire. Le principe de cette aide et les critères d’examen sont reprécisés, hiérarchisés. L’intitulé complet du dispositif est désormais « Subvention pour la mise en valeur des fonds et de la création éditoriale ». Les montants forfaitaires restent inchangés.

La politique d’animation, aussi pertinente et intéressante soit-elle, est ramenée à une plus juste place. Les critères premiers sur lesquels la commission fonde son avis, sont la qualité et la diversité de l’assortiment, particulièrement dans les domaines éditoriaux que le CNL a vocation à soutenir, la présentation et la valorisation de l’offre en magasin, l’accueil, le conseil. Il sera également tenu compte de l’agencement du lieu, des outils de communication, de paramètres de bonne gestion (achats et stocks). Ce dispositif s’inscrit de manière plus cohérente dans les missions et priorités de l’établissement.



1 La Bourgogne compte 13 librairies labellisées : Autrement Dit et Grangier à Dijon, À Fleur de mots à Montbard, L’Écritoire à Semur-en-Auxois, Le Cyprès et Gens de la lune à Nevers, La Mandragore à Chalon-sur-Saône, La Cadran lunaire à Mâcon, Les Arcades à Tournus, Obliques à Auxerre, L’Autre monde à Avallon, Jofac à Toucy et L’Or des étoiles à Vézelay.