dossier • Auteur : une réalité plurielle

// dossier • Auteur : une réalité plurielle

Date : 2014-03-14 14:07:11


« Est nommée auteur une personne libre qui écrit et publie un ouvrage […] à compte d’éditeur et qui va percevoir de son diffuseur/éditeur, une rémunération contractuelle sous forme de droits d’auteur », écrit Bénédicte Malaurent dans le Guide du statut social des auteurs, publié par la Fill, Fédération interrégionale du livre et de la lecture, et mis à jour en 2013.
Difficiles à recenser, à définir, les profils d’auteurs sont aussi variés que les activités qu’ils mènent. Écrivains, traducteurs, illustrateurs, scénaristes… Un nombre infime vit de sa plume. Alors comment vivent-ils ? Quels sont leurs droits ? À l’heure où le numérique donne l’illusion d’un champ infini des possibles et que nombre d’auteurs optent pour l’autopublication, revenons sur le rôle essentiel de l’éditeur, avant de partager (ou non !) le point de vue d’un auteur dit « connecté » !


Sommaire du dossier   Les interviews
Du statut social à la condition humaine
« Monsieur, vous m’émasculez »
Auteur-Éditeur : au-delà du contrat
Un auteur numérique aujourd’hui, qu’est-ce que c’est ?
             • 89 • Pascal Dibie
• 71 •
Audrey Calleja
• 58 •
Valérie Rousseau
• 21 •
Anthony Ghilas



Du statut social à la condition humaine

Quel bonheur de s’engouffrer dans une histoire passionnante, de se laisser voguer sur des rivières de mots, de faire une parenthèse policière, romanesque, poétique selon son humeur, tout cela grâce aux livres.
Combien de vocations, de passions ou tout au moins de curiosités sont nées grâce aux livres ? Zola et Balzac m’ont-ils aidée à m’orienter vers le métier d’assistante sociale ?
Je ne pourrais pas le certifier, mais ils ont certainement une part de responsabilité. Depuis que je travaille auprès des auteurs, à la Société des Gens de Lettres (SGDL), je ne cesse de les questionner sur leur « besoin » d’écrire, car il s’agit bien d’un besoin, voire d’une obligation. Aucun d’entre eux ne parvient à me décrire précisément ce « quelque chose » qui les pousse à écrire. Ils ne peuvent pas faire autrement, ils doivent écrire. Ils noircissent donc des cahiers depuis leur plus tendre enfance. Ils évoquent très souvent des souvenirs très précis et des rencontres marquantes avec les livres.
Mais les étapes sont nombreuses à franchir avant de se considérer écrivain. Parfois, même publiés, ils continuent d’affirmer qu’ils écrivent pour leur plaisir à côté de leur travail salarié ou de fonctionnaire.
 

L’activité d’écriture n’est pas considérée comme un travail. Et pourtant combien de temps faut-il entre l’idée première et son aboutissement en livre ? Un an, deux ans, dix ans, vingt ans ? Tout ce temps pendant lequel une partie de l’esprit est happée, indisponible, en gestation. Tout ce travail non rémunéré mais essentiel à l’existence d’un livre. Tout ce travail est compensé par une activité rémunératrice autre, combien d’écrivains/journalistes, d’écrivains/enseignants et autres écrivains/fonctionnaires... ?

« Le statut social de l’auteur [...] se situe
entre le statut du salarié et celui de l’indépendant. »

L’activité d’écriture est peu rémunératrice (5 % seulement des écrivains vivent de leur plume) mais elle fait rêver par les écrits qu’elle produit et par le mode de vie fantasmé des écrivains.
Qui, aujourd’hui, en période de crise peut consacrer son temps à sa passion ? Prendre le temps de la solitude… Or, être écrivain est bien éloigné de cette image romantique qui lui est prêté. Il s’agit d’un métier. Oui, les écrivains travaillent beaucoup et ils exercent un métier – mais si l’on rapportait le montant des droits d’auteur au nombre d’heures consacrées à la rédaction d’un livre, le taux horaire serait très éloigné du Smic !
L’écrivain est à la fois à la tête et membre d’une petite entreprise. Il endosse tour à tour le rôle de commercial et de juriste auprès des éditeurs, il devient comptable auprès de l’administration fiscale, il maintient une veille afin de connaitre les dernières dispositions sociales et bien sûr, assure le coeur de son métier en écrivant.

Le statut social de l’auteur n’est pas simple à appréhender, il se situe entre le statut du salarié et celui de l’indépendant.
En effet, l’écrivain n’est pas salarié, il n’a pas de lien de subordination (cette liberté fait tant rêver les salariés) mais sa protection sociale est rattachée à celle des salariés à travers l’Agessa (Association de gestion de la sécurité sociale des auteurs).
Les écrivains affiliés à l’Agessa étant à jour de leurs cotisations prétendent à la même couverture maladie et vieillesse que les salariés. Les auteurs ayant perçu plus de 900 fois la valeur du Smic horaire l’année précédente (8 379 € en 2012) ont l’obligation de s’affilier. Ils paieront alors des cotisations vieillesse à hauteur de 6,75 % de leurs droits d’auteur afin d’assurer leur future retraite. Ainsi, sans affiliation les auteurs ne cotisent pas à la retraite.
Suite à des concertations, en 2013, entre les administrations d’État, les structures de gestion des droits et les syndicats, ce système de retraite devrait être aménagé courant 2013-2014.
Enfin, comme les salariés, les auteurs ont accès depuis peu à la formation continue, via l’Afdas. En revanche, la caisse de retraite complémentaire (IRCEC/ RAAP) appartient quant à elle à une branche des activités indépendantes.
Et tout comme les indépendants, les auteurs ne perçoivent pas d’indemnités chômage, ni de congés payés.

Compte tenu de son statut hybride, l’auteur n’a pas à s’inscrire à un quelconque registre (comme les commerçants par exemple). Il n’est pas rémunéré en salaire, ni en honoraire, n’établit pas de factures, mais éventuellement des notes de droits d’auteur et est rémunéré en droits d’auteur (perception des fruits issus de l’exploitation de son oeuvre).
Au niveau fiscal, le choix lui appartient de déclarer ses droits d’auteur en « traitements et salaires » ou en « bénéfice non commerciaux ». Là encore, l’écrivain se situe entre les salariés et les professions indépendantes.

De nombreuses administrations méconnaissent le statut de l’auteur (parfois, les auteurs eux-mêmes) et l’écrivain se voit toujours obligé de cocher la case « autre ».
La grande partie de mon travail se situe dans cet interstice : informer les administrations et les écrivains, démêler les situations administratives complexes, soutenir, appuyer les auteurs dans leur démarche.
La SGDL est une association de défense des droits des auteurs. Depuis sa création en 1838, elle accorde des aides financières aux auteurs ayant publié à compte d’éditeur.

Valérie Hardé
Assistante sociale à la Société des Gens de Lettres

  Permanence du lundi au mercredi
01 53 10 12 14 - social@sgdl.org
À lire : Autoportraits de l’auteur au travail
disponible sur www.sgdl.org




« Monsieur, vous m’émasculez »

C’est un auteur avec lequel je travaillais sur son manuscrit qui m’a un jour adressé cette remarque. Au-delà du sourire ou de l’agacement qu’elle peut provoquer, elle est assez révélatrice du rapport ambigu et fort qui se tisse entre auteur et éditeur.
Nous avions en effet quelque désaccord au sujet d’un adjectif qualifiant une personne, protagoniste d’un événement rapporté dans le manuscrit. Je le jugeais inutilement provocateur. L’auteur le défendait car il était pour lui la manifestation d’une posture critique à laquelle il s’identifiait fortement.
En lui demandant d’édulcorer son appréciation, c’était, de son point de vue, l’auteur, c’est-à-dire lui-même que j’atteignais… et dans ce qu’il considérait comme le symbole de sa position radicale.
Tout auteur ne se montre pas aussi tranchant – au moins dans son expression. Toutefois, lorsqu’il soumet un manuscrit à un éditeur, c’est bien une part de luimême qu’il livre. Il y a travaillé durant des mois, voire des années. C’est, disent certains, leur « bébé », identifiant ainsi l’acte de production à une gestation, et sa publication éventuelle à une parturition. Et l’éditeur intervient là où, jusqu’alors, l’auteur était maître du jeu.

Les propos qui suivent n’ont valeur que de témoignage et je ne sais si d’autres éditeurs y reconnaîtront leurs propres démarches, leurs propres interrogations. Mais ce travail est pour moi le coeurmême du métier d’éditeur, même si bien d’autres tâches incombent au petit éditeur sans cesse harcelé par l’urgence de la vie de sa petite entreprise, tâches dont on déplore souvent le temps qui y est nécessairement consacré, temps volé à la passion de la rencontre avec l’autre, son travail, son oeuvre.

Cette rencontre c’est d’abord celle avec un manuscrit. Selon quels critères juger de la possibilité de le publier ou non ? Sans entrer dans le détail de ce processus de décision auquel j’associe toujours deux lecteurs, énumérons : la qualité de l’écriture, la pertinence du propos et de la structure d’ensemble, l’originalité, mais aussi, nécessairement, des critères d’ordre économique (coût de réalisation, lectorat potentiel).
La décision prise, je tiens à rédiger un rapport qui est envoyé à l’auteur avec une proposition de contrat d’édition. Il trace les grandes lignes qui justifient la décision et avance les premières indications sur ce qui à nos yeux devrait être revu. Après accord de l’auteur, commence alors le travail qui va aboutir, en général au bout de quelques mois, à la publication.
Vient alors une relecture minutieuse du texte, crayon en main, pour l’annoter, sans aucune limite, quant à l’expression, à l’organisation et au sens. Le texte ainsi analysé, annoté, va servir de base au travail de révision qui s’engage ensuite avec l’auteur. Cela se fait lors de séances de travail en commun de plusieurs heures. Au minimum trois séances sont nécessaires pour arriver au texte final. C’est dans ce processus fait d’allers-retours entre auteur et éditeur que s’élabore la version publiée de l’oeuvre qui, souvent, présente des différences importantes avec le manuscrit originel : l’écriture en est, bien évidemment, affinée, les éléments d’ordre factuel ont été vérifiés et corrigés si besoin, le scénario peut avoir subi des modifications et la structure elle-même peut avoir été modifiée.
Pour réussir un tel processus et aboutir à un texte à la fois totalement assumé par l’auteur et qui satisfait l’éditeur, il est indispensable qu’une relation de confiance se noue entre eux. Ce n’est pas simple. Bien sûr, il faut que l’auteur accepte de changer de position : en soumettant son manuscrit, il s’affirme comme auteur d’une oeuvre réalisée. En acceptant de faire ce travail avec son éditeur, il accepte de la soumettre à la critique, d’entendre les suggestions, voire les demandes qui lui sont faites et, in fine, de se remettre lui-même en question. Il doit être prêt, après avoir travaillé comme un peintre qui ajoute de la matière à un support, à travailler comme un sculpteur qui enlève de la matière au bloc brut pour aller chercher au coeur de celui-ci une forme définitive. Mais l’essentiel pour réussir l’exercice est sans doute du côté de l’éditeur. Sa position est délicate : s’il doit s’imprégner de l’oeuvre sur laquelle il travaille, entrer dans la pensée, dans la sensibilité de l’auteur, il doit dans le même temps garder la distance nécessaire pour exercer une critique constructive.
C’est dans la mesure où l’on réussit à tenir ensemble ces deux points de vue que l’on pourra accompagner l’auteur dans les réécritures nécessaires en lui montrant l’intérêt, pour son texte, de procéder aux modifications suggérées.

Accompagner, c’est aussi saisir, à un moment donné du travail, ce que l’auteur est en mesure d’entendre, d’accepter et de faire. Un auteur dont j’ai déjà publié plusieurs ouvrages me faisait récemment cette remarque en commentant ce que je lui avais écrit à propos d’un manuscrit qu’il m’avait soumis : « Je suis d’accord avec 90 % des remarques que tu m’a faites ». Au-delà de la satisfaction narcissique que peut procurer un tel propos, il est pour moi révélateur de ce qui doit se jouer entre auteur et éditeur : un accord sur une oeuvre… dépassant les risques de l’émasculation.

Claude Raisky
Éditions Raison & Passions



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Auteur-Éditeur : au-delà du contrat
Les relations qui se nouent et se formalisent entre l’oeuvre, l’auteur et l’éditeur peuvent se décrire en plusieurs étapes :
• La distanciation doit s’opérer entre l’auteur et son manuscrit afin d’atténuer le lien intime qui les unit et créer la distance nécessaire à l’émergence du regard critique. En envoyant son manuscrit à autrui, à un éditeur, l’auteur accepte implicitement le regard de l’autre, en particulier celui que l’on peut considérer comme son « premier lecteur ».
• L’éditeur propose alors un contrat d’édition. Il comporte à la fois des éléments juridiques et commerciaux précis : format, façonnage, tirage, prix de vente, pourcentage de droit accordé à l’auteur (fourchette observée de 7 à 12 %), limites de la cession et de l’exploitation patrimoniale (commerciale) de l’ouvrage à venir, ainsi qu’une date limite de réalisation. La date de publication doit correspondre à la saisonnalité économique de l’édition, une notion fondamentale : les premiers mois d’hiver et l’été sont à éviter.
• Dès le contrat signé, l’éditeur reprend le travail avec l’auteur, cisèle, questionne, dégrossit et parfois demande la réécriture de certains passages. Cette étape va conduire moins à une désappropriation qu’à une désaffiliation partielle de l’auteur à son manuscrit, un détachement symbolique du lien primordial entre l’oeuvre et l’auteur. À ce moment précis, le manuscrit est la conséquence consentie d’un travail à quatre mains.
• Mais si un livre est relativement aisé à produire, le faire vivre est plus problématique : la diffusion est bien le maître-mot. Si l’éditeur a des outils professionnels, un diffuseur-distributeur, un service de presse, un argumentaire, ce n’est pas suffisant. L’auteur, prescripteur essentiel de son livre, doit intervenir dans la promotion : être disponible pour rendez-vous et déplacements (interviews, dédicaces, salons), s’investir sur le Web (blog, réseaux sociaux). Il incarne son livre aux yeux du public et doit rester en lien permanent avec lui.




Un auteur numérique aujourd’hui, qu’est-ce que c’est ?

Je pose la question bien naïvement, avec la quasi certitude de ne pas pouvoir y répondre. Le terme « numérique » recouvre un espace si large…
On pourrait avancer qu’un auteur numérique se trouve, en principe, sur Internet (c’est déjà ça !). Mais en creusant un peu, il y a autant de façon de s’emparer de la toile que d’auteurs. Tous connectés, tous différents, chacun avec sa voix, ses attentes, ses impulsions.
Certains d’entre eux investissent le lieu en tant que tel. Je ne peux parler ici que de ce que je connais (ou pense connaître), ma pratique, au milieu de centaines d’autres.

J’utilise mon site pour écrire. Pas comme une vitrine statique d’autopromotion, mais en tant qu’espace de travail. Et j’écris tous les jours. Chaque jour, mise en ligne d’un texte à contraintes formelles qui vient s’insérer dans une série. Ou d’une image (photo/ collage). Ou du fragment d’un projet plus vaste, publié à mesure que j’y travaille. Ou d’un paragraphe de la traduction dans laquelle je suis plongée. Ou d’un extrait de texte d’auteur que j’aime, contemporain ou pas, connu ou pas, qui me frappe ou me déstabilise.
Écrire dans la perspective de la mise en ligne, donc « à voix haute » et non pas dans le silence d’un tiroir inaccessible de bureau, m’encourage à travailler, re-travailler l’écriture. Le site agit alors comme une mise en perspective, un pas de côté pour considérer ou reconsidérer, avec la possibilité offerte ensuite d’embrasser telle ou telle direction, ou de garder une idée pour l’approfondir.
Le lieu où j’écris (Internet) n’est pas forcément un chaos désorganisé. Je fais du tri : sur mon fil Twitter se succèdent les nouvelles du monde et les paroles d’auteurs qui disent ce monde, car eux-aussi parlent « à voix haute ».

« Mon travail est visible sur mon site-atelier
aux portes toujours ouvertes. »

Je peux les lire, pratiquement en temps réel. Découvrir un cut-up de Lucien Suel*, le parcours dans une ville de Cécile Portier*, les fenêtres ouvertes d’Anne Savelli*, les traces et les lignes de Pierre Ménard*, les traversées de Mahigan Lepage*… Les lire, eux et tant d’autres (la liste est longue et ne saurait se limiter, j’aurais trop peur d’en oublier), participe aussi au travail d’écriture pour moi. Une auteure récemment disparue, Maryse Hache*, appelait cela très justement le lirécrire. Tous expérimentent, offrent journaux, poèmes, fictions, réflexions, lectures, traductions, créations…

J’ai aussi la chance de participer à une coopérative d’auteurs hors norme : Publie.net1. Créée par François Bon*, elle publie des textes numériques à petits prix, dont certains sur format papier. Polars, poésie, littérature contemporaine, nouvelles traductions, classiques, essais, et la nouvelle revue en ligne Nerval*, pour ne citer que quelques exemples, c’est foisonnant et toujours renouvelé.
Certains de mes projets, d’abord ébauchés sur mon site, une fois menés à terme, ont trouvé avec Publie.net un nouvel agencement interne, une autre façon d’être lus sous la forme proposée par l’ePub. Je suis donc « connectée » et même très connectée.

Mon travail est visible sur mon site-atelier aux portes toujours ouvertes. Mais, si cette connexion est importante pour moi, elle l’est autant que d’autres paramètres qui, tous réunis, font que j’écris avec ce que je suis. J’ai parfois peur que l’étiquette « auteur numérique » induise systématiquement, et de façon réductrice, les termes obligés de technologie, instantanéité, sons, liens, vidéos, etc., qu’on apparente facilement au zapping, au superficiel, ce qui n’est pas toujours le cas.
Danièle Carlès a proposé récemment sur son blog*, jour après jour, sa nouvelle traduction des Satires d’Horace, annotées et commentées. Une version livre numérique, puis papier en a été faite, à la lecture dense, inscrite en soi dans la durée. Pas de tempo éphémère donc, rien de l’ordre du zapping, mais peut-être un exemple de la modernité d’un support mis au service d’un texte pourtant né en 29 av. J.-C…

La grande chance d’un auteur actuel est de pouvoir s’emparer d’outils neufs. De les utiliser comme ouvertures des possibles. Ce ne sont pas simplement des gadgets ou un habillage de façade. L’outil fait sens, et je ne suis pas sûre que l’écriture, dans son essence même, ne reste pas ce geste inchangé, ce corps à corps bizarre avec les mots, la volonté obstinée de dire le réel, la fiction, ou tenter de les transcender.
Le numérique peut changer ce lieu de passage d’une parole donnée entre soi et l’autre. Il facilite sa diffusion, peut contribuer à sa naissance. Sans doute modifie-t-il aussi ce mythe de l’écrivain solitaire pour le faire descendre de sa prétendue tour d’ivoire et qu’il soit un marcheur au milieu des autres. Et quelle opportunité incroyable, quand se créent des passerelles à visées multiples qui font communiquer entre eux, auteurs, textes, lecteurs.
Alors pourquoi ne pas s’en saisir, s’y plonger ?

Christine Jeanney

http://christinejeanney.net
et sur Twitter @cjeanney



1. Publie.net est une coopérative d’édition fondée par François Bon, et constituée de responsables de collections, relecteurs, codeurs et metteurs en pages. Avec un réel travail éditorial, son but est de faire exister des textes (créations, traductions, travaux photographiques…) hors des sentiers battus, et dégagés des normes imposées par les ventes.