58 • dossier • Éditions du Chemin de fer

// 58 • dossier • Éditions du Chemin de fer

Date : 2014-03-14 13:18:08



> François Grosso,
Renaud Buénerd
et Clotilde Bocquet

Création en 2005, Nolay (58)


Explorer le lien entre littérature et arts plastiques, interroger le rapport texte et image
3 collections : « Voiture 547 », premiers écrits ou textes expérimentaux ; « Cheval vapeur », carte blanche à des graphistes sur des textes du domaine public ;
« Micheline », explorer d’autres champs sans limites
58 titres au catalogue
7-8 livres/an, tirage de 1 000 à 1 200 exemplaires
1 salarié et 2 bénévoles
Auto diffusion-distribution sauf pour la Suisse (Zoé)
Meilleure vente : Dagerman (2 500 ex.)
CA : 52 000 € en 2012 sur la vente de livres
Chemin de fer est un terme technique, sinueux, qui ne s’arrête pas, et quelque chose de dur, le fer
 
    François Grosso


Éditeur
Nous voulions faire se rencontrer la littérature et les arts plastiques tout en promouvant un genre méconnu et mal aimé : la nouvelle. Pour proposer des livres qui n’existent pas ou peu, transmettre le goût du beau livre.

Déclic Renaud vient des arts plastiques et j’ai travaillé chez Albin Michel : nous voulions créer quelque chose ensemble. L’idée était de demander à des auteurs et à des plasticiens ce que pouvait être un livre illustré aujourd’hui.

Les livres Un beau livre avec une sorte de contradiction : un poche, mais un poche de luxe. C’est aussi la direction que prend l’édition en général : si on veut vendre, le livre doit être beau, pas juste bon.

Statut Une association, car c’était plus simple et on ne savait pas si l’expérience perdurerait. Le seul avantage : les adhésions ! Le premier poste rémunéré a été créé au bout de 6 ans, à mitemps puis au trois-quarts.

Les auteurs Nous leur proposons une expérience inhabituelle pour eux, un projet à deux, collaboratif, qui rompt avec la solitude. Et ils en redemandent, comme Annie Saumont !

Diffusion-distribution Nous avons eu la bonne idée de débuter avec des auteurs que les libraires connaissaient. S’auto-diffuser, entretenir une relation directe avec les libraires, fait que nous ne sommes pas noyés dans la masse. C’est un positionnement militant. C’est aussi rester dans une économie de l’artisanat et ça ne veut pas dire être mauvais. Je suis opposé au discours établissant le seuil de professionnalisation d’une maison d’édition à l’externalisation de la diffusion-distribution. C’est plutôt entrer dans un système pervers, de production de masse. Le seuil, c’est celui de la gestion. Nous l’externaliserons quand travailler un trop gros catalogue en dépôt sera devenu ingérable. En attendant, nous avons un comptoir de vente à Paris depuis deux ans, pour les coursiers et pour accueillir des expositions, des rencontres qui rendent la maison vivante.

Communication Facebook marche bien ! Cela crée un réseau de personnes qui s’intéressent à la maison. Côté presse, nous avons nos limites : c’est un vrai métier, c’est du temps et de l’envie quand vient le moment des relances.

Le numérique Cela ne correspond pas à nos livres. Mais pourquoi pas si on nous propose un projet impossible à réaliser sur papier et que le numérique le permet.

Difficulté Défendre auprès des libraires nos textes et le fait que les images représentent un travail de création et non pas d’illustration. Il existe beaucoup de non-dits dans la nouvelle dans lesquels le plasticien peut s’immiscer.

Développement Continuer à creuser ce sillon, développer des coéditions avec des institutions, ne pas tomber dans la routine et ne jamais « publier pour publier ».


+ d'info www.chemindefer.org