// BOUIN Yves-Jacques

Auteur
Ateliers d'écriture, Ateliers de lecture, Dédicaces, Lectures publiques
Adultes, Enfants
13 rue du Midi 21000
06 84 19 26 51
03/05/1951
Bouin Yves-Jacques

Activités :

Né en 1951, Yves-Jacques Bouin vit à Dijon après avoir passé 27 ans à Paris ; comédien, lecteurs de poèmes, il consacre une grande partie de son art aux lectures et à la création de spectacles poétiques.
Il a créé en 1983 la Compagnie du Théâtre pour de Vrai.
Il a participé en 1995 à la création de la revue Courant d’Ombres.
Il a animé une émission littéraire pour Radio Enghien en 1996 / rubrique poésie.
Il a créé l’association la VOix des MOts dont il a été le responsable artistique de 2002 à 20011 : festival temps de paroles/ à Dijon, Côte d’Or et Bourgogne, TèmPoésie, rencontre avec un poète chaque mois et Salut Poètes !, rencontre annuelle avec trois poètes venus d’ailleurs et leur traducteur – 2004 : Allemagne / 2005 : Pologne / 2006 : Italie / 2007 : Espagne/ 2008 : Portugal : 2009 : Hongrie 2010 : Wallonie / 2011 : pays Nordiques - Suède, Finlande, Norvège, Danemark. Site : http://lavoixdesmots.fr

Il organise des ateliers de lecture à voix haute et des ateliers d’écriture pour les bibliothèques, associations littéraires (Ex : Lire et faire Lire), établissements scolaires, IUFM, lieux hospitalier et carcéraux.
il tient actuellement une rubrique dans la revue de poésie Décharge  : "Des voix venues d'ailleurs".
Il est responsable de la collection 3,14 g de poésie dans la maison d'édition : p.i.sage intérieur.

Quelques indices :

Prix Emile Snyder pour Paroles au contour des saisons en 1997.
Bourse du CNL en 2000 : Résidence d’écriture dans la Nièvre.
Invitation en Pologne à Opole et Cracovie pour un cycle de lectures en octobre 2005.
Invitation au festival Mondial de Poésie de Caracas en juin 2011.
Bourse du Conseil Régional de Bourgogne en 2011 : Résidence à Edenkoben en septembre 2011.

Bibliographie :

Il a été publié dans de nombreuses revues : Contrordre, la Corde raide, Le Matin Déboutonné, Rétro-Viseur, Décharge, Parterre Verbal, Arpa, Gros-Textes, Ces gens-là, hors Série, Ici & là, Langue vive, M?hely (revue hongroise), Pages Insulaires et dans des anthologies : Carré comme une roue de vélo 2006, éditions l’Epi de Seigle. 101 poèmes contre le racisme 1998, 101 poèmes contre la guerre 2003, La poésie est dans la rue 2008, Et si le rouge n’existait pas ? 2010, Nous, la multitude 2011, éditions Le Temps des Cerises.

Il a également enregistré : Crier toujours jusqu’à la fin du monde, de Benjamin Fondane. (le Loup du Faubourg 2002 repris par malambo productions en 2009). Ballades au Clair de Plume (enregistrement collectif - Académie de Dijon 2005.

Recueil publiés :

La parole en appel dans le silence des mots (le Pré de l’âge ; 1989)
Une passée de paroles (éditions de l’épi de Seigle ; 1997).
Le soleil insiste (éditions Fer de Chances ; 1999 / Prix Emile Snyder pour Paroles au contour des saisons, inclus dans ce recueil.
Le poème qui n’en finit pas de commencer toujours (éditions de la Renarde Rouge ; 2001). Avec le soutien du CNL, en résidence d’écrivains dans la Nièvre.
Les temps de l’escalier nouvelle, dans un recueil collectif intitulé Quatre à Quatre, (éditions Nykta en 2003). Avec le soutien de la DRAC Bourgogne.
De mots et d’amour (éditions de la Renarde Rouge ; 2007).

En octobre 2010 : Elle ne passe jamais bien loin aux éditions Mazette.
Janvier 2011 : D’un côté l’autre « ficelle » – Rougier V. éditions.
1er trimestre 2011 : Par celle aux éditions Clarisse.
Août 2013 : Un Bouin, c'est tout.
Février 2014 : Je crois que tout n'est pas fini, je vole.

Publication en ligne :
Douze poses douze proses ou le visage de ton vivant http://jeanmarielardeau.atpic.com
ou http://gallery.atpic.com/fr/12638
La toile de l’Un
Mouvance.ca


ELLE NE PASSE JAMAIS BIEN LOIN
éditions Mazette, 2010 / Monotypes de Luce Guilbaud, 10€

Yves-Jacques Bouin articule son recueil autour de la question : « mais que reste-t-il dans l’escarcelle du désir ». Tenter de le définir est complexe, inquiétant parfois. Appétit, passion, visée, les synonymes nous viennent qui pourraient répondre au « désir » du poète ou de poète. Mais parler du désir ne vaut pas pour accomplissement et lisant, une substitution de lettre opère – exercice fréquent chez Y.-J. Bouin – : de « désir » à gésir quelque chose, effectivement, nous parle de chute, de monde, de langue renversés, cachés, révélés fugacement, immobiles voire aux aguets. Qui « ne passe jamais bien loin » ? La mort ? La rencontre amoureuse ? Il y a dans ce travail étonnant un effritement de la langue, un choc des trois signe, signifiant, signifié, une poétique questionnée, déboulonnée en quelque sorte, choix thématiques et stylistiques étant sans cesse repensés, pulsés, énoncés comme à bout de souffle. Mort, parole d’amour et poésie « ne passe(nt) jamais bien loin ». Qui ne fait pas ou plus rapport ? Les mots entre eux, les êtres ? « rien nu seul » note le poète avant de poursuivre par « rien nu seul nul » avec la consonne « l » en plus – de « nu » à « nul » - qui borde un « saut vertigineux » dans le langage plus qu’elle n’inscrit et dont la mise en relation avec les autres mots se fait par l’allitération – seul / nul – avant de s’établir sémantiquement. Il faut en passer par là, peut vouloir dire le poète.
Que le recueil s’ouvre sur des points de suspension va dans ce sens. Commencer à dire entame, littéralement parlant : le poète prélève un bout du texte, suspend son intégrité. Ce qu’il rogne fait ellipse autant que dissémination ou pollinisation. Attaque, ensuite, comme on attaque une mesure musicale. Le sens est ainsi défié, mis en seconde position après le souffle, après le son, lettre après lettre. « Que reste-t-il ? » C’est bien ce que Y.-J. Bouin interroge. Il travaille sur ce matériau informe, dépecé, sur ce qui reste, sur ce qui lui reste non pas à dire mais pour « le dire », langage non seulement en action mais en formation-décomposition, mis en pièces pour une refonte quasi scénique, pour un poème dit à voix haute, « poèmadire » - nous annonce-t-il - et dont il nous semble à l’entendre qu’il y a là le « madera » espagnol, cette matière, bois, construction paraissant tout à la fois traduire comment et avec quoi écrire : « sac à mots troué rots vos mots vomis » ; « l’entrechoque des vers qui les tiennent et tiennent / les mots entre leurs pieds ».
Mais la « Poèmmatrice » fait une utilisation originale de la ponctuation et de la chronologie, les deux étant liées. Les différentes séquences sont amenées de trois façons : un point-virgule en caractères gras et mis au milieu de la page, faisant une pause séparatrice autant qu’une association logique sans que pourtant la voix ne retombe après lui comme elle le ferait après un point ; la mention de dates avec à la fois l’extrême proximité temporelle, la répétition et l’écart, le passage de 2002 à 2003, presque un « hors date » qui est d’ailleurs l’ultime et paradoxale datation du texte ; un monotype que Luce Guilbaud travaille au rouge, rappel de la déchirure et connotation organique – « c’est dans la souffrenfance / que se tordent les pouces nus dans la bouche / avant mots » - soit à dominante bleue, symbole de vide et de dissolution – « cherches compagne pour disparaître te dissoudre comme la verge dans la fuite famélique des alcools de la femme » - seuls les deux derniers monotypes portent des traces tantôt de vert, de gestation « sans date » tantôt d’ocre, celui du pollen, d’une conjugaison neuve comme si la compagne à laquelle s’adresse le poète est aussi la lettre en constante modification, rompant « toute laisse » dans l’acception poétique du terme. Chantal Danjou – Revue Ici é là en ligne de la Maison de la Poésie de St Quentin en Yvelines.

 
PAR CELLE
éditions Clarisse 2011 / photo de l’auteur 5€

On pourrait commencer par dire qu’Yves-Jacques Bouin ne s’est pas trop cassé la tête pour chercher un titre puisqu’il a repris celui de la collection : Parcelles. Mais ce serait pour sourire. Yves-Jacques a d’abord créé une forme, très précise : une sorte de citation en haut, comme une exergue où en gras le titre apparaît, qui de même en gras sera aussi la clausule du texte. Et ce dernier commence obligatoirement par le titre général : par celle, ce qui entraîne de fait un titre au féminin. Le poème sera plus libre bien entendu en dehors de ces contraintes liminaires. Cette forme bien cadrée se révèle très efficace. Et le poète comme un Francis Ponge mâtiné d’Oulipo revisite un certain nombre de thèmes, d’objets, de sujets à sa façon. Si l’on pouvait classer ces pages, je penserais à deux catégories très opposées, il suffit d’égrener les titres : la lumière, la route, l’idée, la passante, la lueur, la fenêtre (deux fois), la flamme, d’un côté et de l’autre : la nuit, l’absence, les larmes, l’enfance, la chambre, la voix, l’attente, l’écriture (deux fois). Jour/nuit, dedans/dehors… l’opposition est évidente. A force d’écarquiller le noir pour être sûr de la voir // La nuit Est-ce la féminité des titres ? En tout cas, il y a chez Yves-Jacques Bouin une vraie sensualité qui nappe tous ses textes intimes. De même qu’à l’inverse pour ses poèmes lumineux, de vraies petites trouvailles émaillent les vers : Au cœur de la ville assis / A la terrasse des pensées ou bien (La table) Qui soutient les coudes / Des conversations Enfin il ne dédaigne pas travailler sur les sonorités : Bombyx battant des ailes au fond du pharynx ou bien Se nourrir de la fente / que la lumière enfante et sur les images, ainsi ce superbe oxymore : Un incendie de pénombre Encore une fois Yves-Jacques Bouin s’affirme comme un poète très fin, très délié, très délicat et pour tout dire très élégant. Jacmo – Revue Décharge.

 
Un Bouin, c'est tout
éditions l'Improviste / 2013 - 15€

 
Autobiographie d’un amoureux de poésie à laquelle il rend hommage (Michaux, Desnos, Reverdy, Pessoa, Rimbaud, etc.) et dont il se délecte avec gourmandise, ce livre raconte l’enfance au milieu des mots. Il cherche « la parole de côté », de traverse, dans cette évocation humoristique de la création littéraire, de la posture d’écrivain, de la gloire ou de l’oubli, du travail sur le nom. L’écrivain se construit ainsi peu à peu, en tâtonnant, sans jamais aboutir : « je ne suis pas la version définitive de moi-même ». Parlant de lui, il parle de nous.

Je crois que tout n'est pa fini, je vole
éditions Rhubarbe / 2014 - 10€


Né d'une résidence d'écriture à Edenkoben (Allemagne) en 2011, ce livre est tout à la fois un journal et un receuil de poésie. Mais aussi une médiation souriante sur les mots, leur naissance, leur vie sur la page et sur la langue, leur musique, leur pouvoir toujours neuf d'émerveillement.
On y croisera un petit garçon qui avait très envie, un chat, une g"ante endormie, une foule de quarks et de neutrinos, de mystérieux Elwetrisch et, lancé à leur poursuite, un poète. (Alain Kewes).
 
Une passée de paroles
éditions Mazette (réédition) / 2016 - 10€

"Dans le secret des poèmes il y a des rencontres." L'embellie des poèmes de YjB réjouit l'âme. Les images poétiques si présentes sont puisées au plus profond, "Entre les deux rives mouvantes / Du rêve et du réel". Un beau recueil vivifié par une sensibilité affûtée. (Odile Bonneel).